LA PEINTURE SUR PORCELAINE

Ludivine CALVEZ

La toute première démarche consiste pour moi à trouver des pièces de porcelaines soit très classiques comme de grands plats, des vide-poches … Soit plus originales comme les salières/ poivrières, les vases, pieds de lampe, services à thé ou café …

Ensuite, en fonction de la forme, de la taille de la pièce et de la complexité du motif, je dessine avec un crayon gras directement sur la porcelaine ou je travaille sur calque ou sur papier le motif qui sera reproduit. Puis je le reporte sur la porcelaine à l’aide d’un carbone spécial.

Pour tracer les contours des motifs j’utilise une plume très dure afin de produire des traits les plus fins possibles. Après cuisson à 820°C, je commence la mise en couleur.

La peinture pour porcelaine n’est pas prête à l’emploi. Il s’agit de poudre de pigments finement broyée. Il faut diluer cette poudre sur un carreau avec du médium à base de térébenthine et travailler le mélange pour qu’il soit parfaitement homogène. Je peux alors poser la couleur et la travailler avec différentes techniques sur la porcelaine.

Pour ma part je travaille suivant les techniques dites modernes. C’est-à-dire que j’utilise les pigments bien sûr, mais aussi différents types de poudre pour creuser ou mettre des reliefs sur la porcelaine, des lustres, de l’or et du platine, du cristal de différentes textures, du sable, le fibre de verre …

La cuisson se réalise dans un four avec des températures allant de 690 à 1 100 °C. Plusieurs cuissons sont nécessaires pour une même pièce et il est important de commencer par les couleurs ou techniques supportant les plus hautes températures (la fibre de verre à 980°C, les bleus à 860°C, les jaunes, verts, rouges entre 820°C et 780°C , les métaux précieux à 800°C.

Je peins aussi avec différentes techniques. Le putoisage, l’imari, le balayage … et à chacune ses propres pinceaux.

Le putoisage consiste à égaliser la peinture déposée sur la porcelaine à l’aide d’une petite éponge ou d’un pinceau appelé putois, de façon à obtenir l’effet désiré et qu’il n’y ait plus aucune différence d’épaisseur sur la surface travaillée.

L’imari consiste à peindre sur de petites surfaces avec un pinceau fin et une peinture un peu plus liquide de façon à ne voir aucun coup de pinceau (ce qui veut dire aucune différence d’épaisseur)

Pour le balayage, j’utilise des pinceaux dont les poils ont été travaillés à plat et en éventail puis avec des mouvements choisis, je donne des effets de mouvements, d’ombre et de lumière (pour un pétale de fleur par exemple)

La réalisation d’une pièce demande de nombreuses heures de travail et entre 2 à 6 cuissons suivant la complexité et les techniques de réalisation

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